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Marpurg, Friedrich Wilhelm.
Principes du clavecin par Mr. Marpourg.


Berlin, Haude et Spener, 1756, 98 p. + 20 p. d'exemples.



Le chapitre dixième, « Des Tons & Modes », contient notamment les passages suivants :

§ 1. Dans chaque pièce de musique il y a un ton qui détermine la suite de tous les autres. C'est le ton dans lequel la pièce est composée, & pour le savoir, on n'à [sic] qu'à regarder la note par où la Basse termine la pièce. Si cette note est un sol, c'est alors que la pièce est composée en sol si la note est un mi la pièce est composée en mi, & ainsi des autres tons. (p. 37)

[...]

§ 2. Mais il ne suffit pas de savoir en quel ton une pièce est composée. Il faut encotre connoître la suite des tons & demi-tons qui sont renfermés dans l'Octave de la note finale, c'est-à-dire, il faut savoir en quel mode la pièce est composée. On entend par mode une certaine suite de tons & demi-tons propres à être emploiés successivement & ensemble, c'est-à-dire l'un après l'autre, & l'un sur l'autre
Observation
L'union de plusieurs sons rangés l'un sur l'autre s'appelle Harmonie ou plutôt Accord, l'harmonie étant proprement une suite de plusieurs accords.
L'union de plusieurs sons rangés l'un après l'autre s'appelle Mélodie. (p. 38)

Marpurg indique qu'il y a deux modes, majeur et mineur, composés chacun de cinq tons et deux demi-tons ; pour le mineur, il donne l'échelle diatonique de la, mais ajoute que le septième degré peut être haussé [mineur harmonique], ou le sixième et le septième [mineur mélodique]. Il poursuit :

§ 6. Nous avons vu ci-dessus; qu'il y a douze demi-tons dans la musique. Ces douze sons différens pouvant être employés chacun pour note finale ou tonique d'une pièce, & chaque tonique pouvant admettre la Tiérce majeure ou mineure, il s'en suit de là, qu'il y a vingt quatre tons ou modes, douze majeurs & douze mineurs. (p. 40)

§ 7. A l'égard de la représentation de ces vingt quatre tons, comme il y en a qui demandent des dièzes, d'autres qui demandent des b-mols, d'autres qui ne demandent ni dièzes ni b-mols, il faut savoir le nombre & l'ordre des feintes pour se mettre au fait. (p. 41)

Il continue en disant qu'il y a sept dièses et sept bémols, de sorte que quatorze tons (sept majeurs et sept mineurs) peuvent se noter avec des dièses, quatorze avec des bémols. Trois tons majeurs et trois tons mineurs peuvent donc se noter de deux manières différentes : en majeur, si et utb, fa# et solb, ut# et b ; en mineur, sol# et lab, # et mib, la# et sib. Mais utb majeur, lab mineur et la# mineur ne sont pas usités et ut# majeur est rare.